Microplastiques : définition, sources et dangers pour la santé

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Les microplastiques représentent l'une des pollutions les plus insidieuses et les plus préoccupantes de notre époque. Invisibles à l'œil nu pour la plupart, ces fragments de plastique se sont disséminés dans tous les écosystèmes de la planète : des océans les plus profonds aux sommets des montagnes, en passant par nos sols, notre alimentation et même notre organisme. Ce dossier encyclopédique fait le point sur la définition, les sources, les dangers pour la santé et la réglementation en vigueur.

Définition des microplastiques

Qu'est-ce qu'un microplastique ?

Les microplastiques sont des particules de plastique dont la taille est inférieure à 5 millimètres. Plus précisément, selon l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA), ces particules mesurent entre quelques centaines de nanomètres et 5 mm. Au-delà, on parle de macroplastiques ; en deçà de 1 micromètre (µm), on entre dans la catégorie des nanoplastiques.

Cette classification dimensionnelle masque une réalité beaucoup plus complexe : les microplastiques ne constituent pas une catégorie homogène. Ils peuvent prendre différentes formes (sphériques, fibreuses, fragmentaires), être composés de polymères variés (polyéthylène, polypropylène, PET, polyamide, etc.) et contenir une multitude d'additifs chimiques (plastifiants, colorants, retardateurs de flamme).

Microplastiques primaires et secondaires

On distingue deux grandes catégories de microplastiques selon leur origine :

Les microplastiques primaires sont fabriqués intentionnellement à une taille microscopique pour être incorporés dans des produits de consommation ou des processus industriels. Ils incluent :

  • Les microbilles présentes historiquement dans les cosmétiques exfoliants et les dentifrices
  • Les granulés industriels appelés « nurdles », matière première de l'industrie plastique
  • Les fibres synthétiques libérées lors du lavage des textiles
  • Les particules issues de l'abrasion des pneus sur les routes
  • Les résidus de peinture et de revêtements

Les microplastiques secondaires résultent de la dégradation progressive de déchets plastiques plus volumineux sous l'effet de facteurs environnementaux : rayonnement ultraviolet du soleil, abrasion mécanique par les vagues ou le vent, variations de température, action de micro-organismes. Un sac plastique abandonné dans la nature se fragmentera ainsi progressivement en milliers de microparticules au fil des années et des décennies.

Pour en savoir plus sur les impacts environnementaux globaux, consultez notre article sur les 9 limites planétaires.

Les sources des microplastiques

Sources primaires : une pollution programmée

Les microplastiques primaires constituent environ 15 à 31 % du total des microplastiques présents dans les océans, selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

L'usure des pneumatiques représente la source la plus importante de microplastiques primaires, avec environ 28 % des émissions totales. Chaque kilomètre parcouru libère des particules d'usure composées de caoutchouc, de plastique et d'additifs chimiques. Ces particules sont emportées par les eaux de ruissellement vers les cours d'eau et, finalement, vers les océans. En France, cela représente plusieurs dizaines de milliers de tonnes par an.

Les textiles synthétiques sont la deuxième source majeure, comptant pour 35 % des microplastiques présents dans les océans selon le rapport de l'IUCN. À chaque cycle de lavage d'une charge de 6 kg de vêtements synthétiques (polyester, nylon, acrylique), ce sont jusqu'à 700 000 fibres microplastiques qui sont libérées et se retrouvent dans les eaux usées. Les stations d'épuration ne parviennent à capturer qu'une partie de ces fibres ; le reste est rejeté dans les milieux aquatiques ou se retrouve dans les boues d'épuration utilisées en agriculture.

Les cosmétiques et produits d'hygiène ont longtemps constitué une source directe de microplastiques via les microbilles exfoliantes. En France, la loi Biodiversité de 2016 a interdit l'utilisation de microbilles plastiques dans les cosmétiques rincés à partir de 2018, une avancée significative mais qui ne couvre pas tous les usages du plastique dans ces produits.

Les peintures et revêtements constituent une source souvent négligée mais majeure : la peinture apparaît comme la plus grande source de fuite de microplastiques vers l'océan et les voies navigables avec 1,9 million de tonnes par an, dépassant toutes les autres sources.

Sources secondaires : l'héritage des déchets

Les microplastiques secondaires représentent la majorité (69 à 85 %) des microplastiques océaniques. Ils proviennent de la fragmentation lente mais inexorable des 8 millions de tonnes de déchets plastiques qui finissent dans les océans chaque année.

Une bouteille en PET abandonnée dans la nature mettra plusieurs centaines d'années à se dégrader complètement, mais commencera à libérer des microplastiques dès les premières semaines d'exposition au soleil et aux intempéries. Le processus est progressif : macroplastique → mésoplastique → microplastique → nanoplastique.

Les filets de pêche abandonnés ou perdus (la « pêche fantôme ») représentent une source importante de microplastiques secondaires dans les océans. Ces équipements en nylon et polypropylène se fragmentent lentement en mer, libérant des millions de fibres microplastiques.

Pour comprendre les mécanismes de pollution aquatique, consultez notre fiche sur l'eutrophisation.

Omniprésence de la contamination

Les océans : une « soupe de plastique »

L'océan mondial contient environ 24 000 milliards de particules de microplastiques, selon l'estimation de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Ces particules sont présentes de la surface jusqu'aux abysses les plus profonds. Des microplastiques ont été retrouvés :

  • À plus de 2 000 mètres sous le niveau de la mer
  • Dans la fosse des Mariannes, le point le plus profond des océans (près de 11 km de profondeur)
  • Dans l'Arctique, une région pourtant éloignée des grands centres urbains et industriels
  • Au sommet du mont Everest, transportés par les courants atmosphériques

Cette contamination généralisée s'explique par la très faible densité de certains plastiques (polyéthylène, polypropylène) qui flottent et sont transportés sur de longues distances par les courants océaniques et atmosphériques. Les plastiques plus denses (PVC, PET) coulent et s'accumulent dans les sédiments marins.

Les sols : une contamination méconnue

Si la pollution des océans par les microplastiques a largement été médiatisée, celle des sols reste moins connue du grand public. Pourtant, selon l'ADEME, 76 % des sols français sont contaminés par des microplastiques. Les principales sources de cette contamination terrestre incluent :

  • L'épandage de boues d'épuration en agriculture (qui concentrent les microplastiques capturés en station d'épuration)
  • Les paillages plastiques agricoles (films de paillage, ficelles)
  • Les pneumatiques usagés broyés utilisés comme revêtement de terrains de sport
  • Les dépôts atmosphériques de particules transportées par le vent

Cette pollution des sols est particulièrement préoccupante car elle affecte la biodiversité du sol (vers de terre, micro-organismes) et peut entraîner une contamination de la chaîne alimentaire via les cultures.

L'eau potable : une contamination invisible

Des microparticules de plastique sont présentes dans plus de 80 % de l'eau du robinet à l'échelle mondiale, selon plusieurs études citées par le Parlement européen. Paradoxalement, l'eau en bouteille est encore plus contaminée que l'eau du robinet.

Une étude américaine publiée en janvier 2024 par l'Université Columbia a révélé des chiffres particulièrement alarmants : chaque litre d'eau en bouteille contient en moyenne 240 000 fragments de plastique, soit 100 fois plus que les estimations précédentes. Les nanoplastiques représentent 90 % de ces fragments. Les principaux polymères détectés sont le polyamide (nylon), le PET, le polystyrène, le polypropylène et le polyéthylène.

L'eau en bouteille serait ainsi responsable de l'ingestion d'environ 90 000 particules par an et par personne, contre seulement 4 000 pour l'eau du robinet. Ce paradoxe s'explique par la contamination des bouteilles elles-mêmes : les particules se détachent des parois et du bouchon, surtout si la bouteille est exposée à la chaleur ou stockée longtemps.

La contamination alimentaire généralisée

Les microplastiques ont été détectés dans une très large gamme d'aliments :

  • Le sel marin : une source importante puisque le sel est extrait directement de l'eau de mer contaminée
  • Le miel : les abeilles transportent des particules de plastique dans leurs ruches après avoir butiné des fleurs exposées aux retombées atmosphériques
  • Les fruits de mer : moules, huîtres, poissons qui filtrent l'eau ou ingèrent des proies contaminées
  • Les fruits et légumes : contaminés via l'eau d'irrigation, les sols ou les retombées atmosphériques
  • La bière, les sodas, le lait et d'autres boissons courantes

Selon la FAO, l'exposition humaine annuelle aux microplastiques par le biais de l'alimentation pourrait atteindre jusqu'à 52 000 particules par an, et même davantage si l'on inclut l'inhalation de particules aéroportées.

Pour mieux comprendre l'impact global de l'activité humaine sur les écosystèmes, consultez notre article sur l'empreinte écologique.

Les dangers pour la santé humaine

Présence dans l'organisme humain

Des microplastiques ont été détectés dans de nombreux tissus et fluides corporels humains :

  • Le sang
  • Les poumons
  • Le placenta
  • Les selles
  • Le foie et les reins
  • Le cerveau

Une étude particulièrement préoccupante publiée dans la revue Nature Medicine en février 2025 par l'Université des sciences médicales du Nouveau-Mexique a révélé que le cerveau humain contient en moyenne l'équivalent d'une cuillère de microplastiques et de nanoplastiques. Plus alarmant encore, l'étude montre une augmentation de 50 % des concentrations cérébrales de microplastiques entre 2016 et 2024.

Les analyses, menées sur 91 échantillons de cerveaux, de foies et de reins prélevés lors d'autopsies, ont révélé que les concentrations de micro- et nanoplastiques dans le cerveau sont 7 à 30 fois plus élevées que dans les autres organes. Le polyéthylène, le plastique le plus courant (utilisé pour les emballages et les bouteilles), domine.

Les chercheurs ont identifié trois voies principales de pénétration dans le cerveau : l'alimentation, l'air respiré et les lipides qui faciliteraient le passage de la barrière hémato-encéphalique.

Effets toxicologiques potentiels

Bien que les recherches sur les effets sanitaires des microplastiques en soient encore à leurs débuts, plusieurs mécanismes de toxicité ont été identifiés à partir d'études animales et in vitro :

Toxicité physique : les particules peuvent provoquer une inflammation locale par irritation mécanique des tissus, bloquer des capillaires ou s'accumuler dans certains organes.

Toxicité chimique : les plastiques contiennent des additifs (plastifiants comme les phtalates, retardateurs de flamme bromés, bisphénol A, etc.) qui peuvent être libérés dans l'organisme. Certains de ces composés sont des perturbateurs endocriniens reconnus.

Vecteur de polluants : de par leur nature hydrophobe, les microplastiques ont la capacité d'adsorber à leur surface d'autres polluants présents dans l'environnement (PCB, HAP, pesticides, métaux lourds) et de les transporter jusque dans l'organisme.

Les données issues d'études animales et de cultures cellulaires pointent vers plusieurs effets préoccupants :

  • Inflammation chronique
  • Stress oxydatif
  • Perturbations du système immunitaire
  • Perturbations hormonales (effets de type œstrogénique notamment)
  • Dysbiose intestinale (déséquilibre du microbiote)
  • Effets sur la reproduction
  • Cancérogénicité potentielle de certains additifs

Lien avec les maladies neurodégénératives

Une collection de quatre articles publiés en mai 2025 dans la revue Brain Medicine synthétise les preuves croissantes que les microplastiques provenant d'aliments ultra-transformés pourraient s'accumuler dans les cerveaux humains et potentiellement contribuer à l'augmentation mondiale des taux de dépression, de démence et d'autres troubles de santé mentale.

L'étude de Nature Medicine mentionnée précédemment a révélé que la quantité de microplastiques dans le cerveau est de trois à cinq fois plus élevée chez les individus ayant reçu un diagnostic de démence par rapport aux sujets témoins.

Toutefois, il est important de noter qu'aucun lien de cause à effet n'a pu être formellement prouvé à ce stade. Certains scientifiques ont également soulevé des questions méthodologiques, notamment sur les risques de contamination lors des analyses en laboratoire et sur la distinction entre les tissus adipeux cérébraux et les particules de plastique.

Exposition fœtale et développementale

Des recherches publiées en 2024 dans Toxicological Sciences ont démontré que les microplastiques peuvent traverser le placenta pendant la grossesse, exposant ainsi le fœtus dès les premiers stades de son développement. Les nanoplastiques, en raison de leur très petite taille (moins de 1 µm), sont particulièrement préoccupants car ils peuvent franchir les barrières biologiques que les microplastiques plus gros ne peuvent pas traverser.

L'exposition prénatale et périnatale pourrait avoir des conséquences sur le développement neurologique, immunitaire et métabolique de l'enfant, mais ces hypothèses nécessitent des études épidémiologiques de long terme pour être confirmées.

Pour comprendre comment les pollutions affectent les écosystèmes marins, consultez notre article sur l'acidification des océans.

Réglementation et cadre juridique

Au niveau européen : le règlement 2023/2055

L'Union européenne a adopté le Règlement (UE) 2023/2055 le 27 septembre 2023, qui modifie l'annexe XVII du règlement REACH pour restreindre l'utilisation intentionnelle de microparticules de polymères synthétiques.

Ce règlement définit les microplastiques comme des particules dont toutes les dimensions sont comprises entre 0,1 µm et 5 mm (ou pour les fibres, une longueur de 0,3 µm à 15 mm avec un rapport longueur/diamètre supérieur à 3). Il interdit leur utilisation intentionnelle dans les produits mis sur le marché européen au-delà d'un seuil de concentration de 0,01 % en masse.

Calendrier d'application progressif :

  • 17 octobre 2023 : interdiction des microbilles abrasives dans les cosmétiques
  • 17 octobre 2027 : interdiction dans les cosmétiques rincés (rinse-off)
  • 17 octobre 2029 : interdiction dans les cosmétiques non rincés (leave-on)
  • 17 octobre 2035 : interdiction pour les produits de maquillage, lèvres et ongles

À partir du 17 octobre 2031, les produits cosmétiques contenant encore des microplastiques devront obligatoirement porter la mention : « Ce produit contient des microplastiques ».

Sur une période de 20 ans, ce règlement devrait empêcher le rejet de 500 000 tonnes de microparticules de polymères synthétiques dans l'environnement, dans le cadre du plan « zéro pollution » visant à réduire la pollution plastique de 30 % d'ici 2030.

En France : des mesures pionnières

La France fait figure de pionnière avec plusieurs mesures législatives ambitieuses :

Loi Biodiversité (2016) : interdiction depuis 2018 des microbilles plastiques dans les cosmétiques rincés à usage d'exfoliation ou de nettoyage.

Loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire, 2020) : cette loi ambitieuse fixe l'objectif « zéro déchet plastique dans la mer en 2025 » et impose aux fabricants de lave-linge de doter d'un filtre à microfibres plastique tout appareil neuf à partir du 1er janvier 2025.

Cette mesure, qualifiée de « première mondiale », vise directement la source principale de microplastiques marins (34,8 % des émissions). Les 2,7 millions de lave-linges vendus chaque année en France devront être équipés de filtres capables de capturer les fibres synthétiques libérées lors du lavage. Les constructeurs peuvent également recourir à d'autres technologies que les filtres si elles s'avèrent aussi efficaces.

Les filtres actuellement disponibles sur le marché promettent des taux de capture allant jusqu'à 90 % des fibres de plus de 45 microns, mais leur efficacité réelle fait débat car de nombreuses fibres mesurent moins de 20 microns.

Les objectifs européens et internationaux

L'Union européenne s'est fixé des objectifs ambitieux pour 2030 :

  • Réduction de 50 % des rejets plastiques en mer par rapport à 2016
  • Diminution de 30 % des fuites de microplastiques dans l'environnement

En octobre 2025, le Parlement européen a adopté de nouvelles règles contraignantes pour les entreprises en matière de manipulation, de transport et de stockage des granulés industriels (nurdles), qui constituent l'une des trois principales sources de pollution microplastique.

Au niveau international, un traité mondial sur la pollution plastique est en cours de négociation. Les discussions lors de l'INC-5 à Busan en novembre 2024 n'ont pas abouti à un accord final, mais les négociations se poursuivent. L'enjeu est de créer un cadre juridiquement contraignant couvrant l'ensemble du cycle de vie du plastique, de la production à la fin de vie.

Pour comprendre les enjeux plus larges du développement durable, consultez notre article de synthèse sur le développement durable.

Solutions et perspectives

Réduire son exposition individuelle

À l'échelle individuelle, plusieurs gestes permettent de limiter son exposition aux microplastiques :

Au niveau de l'alimentation :

  • Privilégier l'eau du robinet filtrée plutôt que l'eau en bouteille plastique
  • Utiliser des contenants en verre ou en acier inoxydable
  • Éviter de réchauffer les aliments dans des récipients en plastique
  • Privilégier une alimentation peu transformée
  • Choisir des aliments en vrac ou dans des emballages non plastiques

Au niveau vestimentaire :

  • Privilégier les textiles naturels (coton, laine, lin) plutôt que synthétiques
  • Laver les vêtements synthétiques à basse température et sur cycle court
  • Installer un filtre externe sur sa machine à laver (en attendant que tous les appareils neufs en soient équipés)
  • Utiliser un sac de lavage spécialisé (Guppyfriend ou équivalent) pour capturer les fibres

Au niveau cosmétique :

  • Vérifier la composition des produits et éviter ceux contenant des microplastiques (notamment polyéthylène, polypropylène, polyamide dans la liste INCI)
  • Privilégier les cosmétiques certifiés bio ou écolabellisés

Solutions systémiques et innovations

Au-delà des gestes individuels, c'est à l'échelle systémique que les solutions les plus efficaces se situent :

Réduction à la source : limiter la production de plastique vierge, développer des alternatives biodégradables réellement inoffensives, écoconcevoir les produits pour minimiser les pertes de particules.

Amélioration du traitement des eaux usées : les stations d'épuration actuelles ne sont pas conçues pour filtrer les microplastiques. Des technologies de filtration avancée (ultrafiltration, nanofiltration) existent mais sont coûteuses à déployer à grande échelle.

Économie circulaire : développer les filières de réutilisation et de recyclage pour limiter la production de plastique neuf et réduire les déchets sauvages. Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur l'économie circulaire.

Nettoyage environnemental : si le nettoyage des océans par des dispositifs flottants fait l'objet de nombreuses initiatives médiatisées, il reste d'une efficacité limitée face à l'ampleur de la pollution. La priorité doit rester la prévention à la source.

Recherche et surveillance : mieux comprendre les impacts sanitaires réels des microplastiques nécessite des études épidémiologiques de long terme et le développement de méthodes de détection standardisées.

Conclusion

Les microplastiques constituent l'un des héritages les plus durables et les plus problématiques de notre civilisation du plastique. Présents dans tous les compartiments environnementaux et dans notre propre organisme, ils témoignent de la diffusion planétaire de matériaux conçus pour être durables mais qui, fragmentés, échappent à tout contrôle.

Si les incertitudes scientifiques demeurent quant aux effets sanitaires précis à long terme, le principe de précaution commande d'agir sans attendre des preuves irréfutables. La réglementation progresse, mais elle reste largement insuffisante au regard de l'ampleur du problème. La contamination continue de s'aggraver : à ce rythme, le taux de microplastiques sera multiplié par 3,2 d'ici 2030 et par 5,1 en 2050.

Face à ce constat, une triple action s'impose : réduire drastiquement notre consommation de plastique, améliorer la gestion des déchets existants et développer des alternatives véritablement durables. La lutte contre les microplastiques ne se gagnera pas individuellement, mais elle exige l'engagement de chacun aux côtés d'une action publique ambitieuse et d'une transformation profonde de nos modes de production et de consommation.

Pour approfondir votre compréhension des enjeux environnementaux globaux, consultez également nos articles sur le fonctionnement des écosystèmes et sur les limites planétaires.


Sources principales :

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